Selon un sondage récent mené au Canada, une majorité relative de la population serait favorable à l’idée d’instaurer un « revenu annuel garanti » alors que 25% y seraient fortement opposés.

« Seriez-vous en faveur ou opposé à une politique de revenu annuel garanti pour les Canadiens qui remplacerait les programmes actuels d’assistance ? » La question a été posée à 1.501 citoyens canadiens entre septembre et octobre de cette année par l’Environics Institute.

Bien que plutôt favorable à l’idée, les résultats de l’étude (pdf) révélés le 31 octobre dernier montrent que l’opinion publique reste assez clivée sur cette question : 46% des personnes interrogées y sont plutôt favorables tandis que 42 % sont plutôt contre  — dont 25% y sont fortement opposés. 11% des sondés ne s’expriment pas de manière tranchée.

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Les résultats diffèrent aussi selon les régions. Ainsi 55% des Québécois interrogées y seraient favorables, contre seulement 38% des habitants de l’Alberta. Le niveau de richesse semble également jouer : 52% des personnes au revenu inférieur à 100.000 dollars sont favorables au concept contre 39% pour les personnes dont le revenu dépasse 100.000 dollars.

Par ailleurs, les réponses à une autre question du sondage montrent un attachement des Canadiens au principe d’universalité des aides, 65% se montrant en faveur de ce principe contre 29% préférant que les aides ciblent les personnes qui sont le plus dans le besoin.

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Hugh Segal, sénateur canadien favorable au revenu de base

Selon Keith Neuman, le directeur des sondages à l’Environics Institute interrogé par The Star, le résultat du sondage laisse penser qu’il y aurait « les bases potentielles pour construire un soutien à l’idée de la part d’un gouvernement audacieux ».

Hélas, si l’idée du revenu de base avait été fortement débattue au Canada dans les années 1960, période pendant laquelle le concept avait été expérimenté dans le Manitoba, l’idée est aujourd’hui largement délaissée par la classe politique, à l’exception notable du sénateur conservateur Hugh Segal qui en a fait un cheval de bataille.

Il s’agit du tout premier sondage national posant explicitement la question de l’adhésion ou non à l’idée d’un revenu de base, bien que présenté sous une forme spécifique : celle d’un « revenu annuel garanti » — versé en début d’année seulement.

En France, un premier sondage de ce genre avait également été mené en 2012 par l’institut Ifop, avec un résultat similaire : 45% des personnes interrogées s’étaient déclarées plutôt favorables au revenu universel. En Slovénie, un sondage montrait récemment que seulement 29% de la population avait entendu parler du revenu de base, mais que parmi cette minorité, 59% des personnes étaient favorables à l’idée.


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