Hommes issus des classes les plus favorisées et ayant fait leurs études dans les meilleures grandes écoles… Tel est le profil de nos représentants politiques, aux antipodes de la composition de la société. Face à ce constat qui explique en partie la désaffection politique de nos concitoyens, Emmanuel Coux montre que le versement d’un revenu de base pourrait permettre de changer la donne.

La discussion à l’Assemblée nationale sur le cumul des mandats arrive dans un contexte de crise de confiance du politique. De moins en moins de gens croient aux hommes politiques.

Quelles pistes pour dépasser la crise de confiance

Cette crise qui s’ajoute aux crises économique, sociale et écologique se traduit soit par une abstention record, soit par un vote massif à l’extrême droite. Une ouverture de l’accès à la carrière politique aux couches moyennes et modestes et une remise à plat des rémunérations des élus seraient deux pistes fondamentales pour redonner cette confiance. Pour cela, le revenu de base est un outil concret susceptible de nous amener vers ces améliorations.

Une composition sociologique contradictoire

En amont, il suffit de regarder la composition sociale des hommes politiques pour voir que ceux-ci sont la représentation inverse de la société. Les employés modestes ou moyens et les ouvriers, catégories socio-professionnelles qui représentent la majorité de la population ne sont pas ou très peu représentés. La proportion de femmes est quant à elle digne d’autres temps.

Il n’y a pas d’ouvriers dans les conseils municipaux, encore moins dans les conseils régionaux et pas du tout au Sénat. Par exemple, un seul ouvrier est devenu député. La grande majorité des parlementaires viennent de grandes écoles ou ont exercé en tant que hauts fonctionnaires dans l’administration ou les grandes entreprises.

La carrière politique : une chasse gardée

De fait, pour faire une carrière politique, il est nécessaire d’avoir du temps, de l’argent, mais aussi une position socio-professionnelle élevée. Un RSAste ou un chômeur, même s’il a le temps, aura peu de chances de se reconvertir dans une carrière politique.

D’où l’émergence de nombreux « chargés de missions » qui sont en réalité des métiers plus ou moins fictifs dans l’attente d’être enfin élu. Trouver un tel poste suppose de disposer au préalable d’un réseau important de soutiens.

Le revenu de base pour démocratiser l’accès à la représentation politique

Le revenu de base pourrait rétablir une certaine égalité entre les aspirants, surtout pour les plus modestes et pour ceux qui n’ont pas un capital social suffisant. Aussi en déstigmatisant les pauvres ou ceux vivant de l’aide sociale, parce qu’il est accordé à tous, inconditionnellement et quelle que soit la situation socio-économique, le revenu de base est susceptible de démocratiser l’accès à une carrière politique.

Il évitera les effets de seuil engendrés par le RSA, touché par des personnes en difficulté et qui place d’emblée ses ayant-droits dans la case « échec », donc dans une mauvaise posture sociale qui handicape le candidat vis-à-vis d’un poste politique. Et enfin, il rétablira une certaine égalité tous simplement, car il donnera au candidat du temps pour se préparer.

Un outil de moralisation de la vie politique ?

En aval, le revenu de base permettra de « moraliser » la vie politique. Comme tous les individus le toucheront, il ne sera plus nécessaire de donner une indemnité aux élus, hormis peut-être des indemnités de déplacement quand cela s’avèrera nécessaire. Cette fonction se fera bénévolement.

Cela peut résoudre aussi la question du cumul des mandats, car un élu, même s’il cumule, n’aura qu’un revenu de base et non plusieurs.

Une ouverture de l’accès à la carrière politique aux couches moyennes et modestes et une remise à plat des rémunérations des élus, qui ouvriraient une solution à la crise du politique seraient donc possibles grâce au revenu de base.


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À propos

Le MFRB est une association transpartisane créée en mars 2013. Il se donne pour mission de promouvoir le revenu de base jusqu’à son instauration en France. Il regroupe plus de 80 dynamiques locales sur le territoire.

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