Plusieurs parlementaires finlandais se sont récemment prononcés en faveur de la mise en place d’expérimentations du revenu de base.

Adaptation d’un article paru sur Basic Income News

Le 10 septembre dernier, le leader du parti centriste finlandais Juha Sipilä a proposé de mettre en place des expérimentations du revenu de base dans des régions rurales et urbaines particulièrement affectées par le chômage. Cette proposition fait partie d’une interpellation conjointe du parti du Centre et de l’alliance de gauche sur le thème de la pauvreté.

« Il n’y a pas de volonté politique suffisante pour mettre le revenu de base dans la pratique. Notre position au Centre, c’est que la mise en service du revenu de base doit être étudiée sérieusement et qu’il faut tester localement la fonctionnalité d’un revenu de base », a expliqué le président du parti du Centre Juha Sipilä sur le site du parti.

Le débat sur le revenu de base refait surface

Cette proposition n’est pas passée inaperçue. Ainsi, Paavo Arhinmäki, le leader de l’alliance de gauche, a remercié Sipilä d’avoir soulevé le sujet du revenu de base, rappelant le soutien de sa formation politique au projet. Le lendemain, le député du parti de la coalition nationale au pouvoir, Lasse Männistö, s’est également réjoui sur son blog que « le débat sur le revenu de base refasse surface », ajoutant qu’une telle réforme nécessitera des engagements au-delà des clivages politiques.

Le revenu de base est ainsi devenu l’un des sujets de discussion au parlement finlandais lors d’une interpellation sur la pauvreté le 23 septembre. Plusieurs députés, dont le premier ministre Alexander Stubb, ont soutenu l’idée d’avoir des projets pilotes en Finlande.

Le parti du centre, quatrième parti politique de Finlande, a inclus le concept de revenu de base dans son programme à plusieurs reprises dans les années 90, mais souvent de manière conditionnelle, ciblée pour les pauvres. La ligue verte et l’alliance de gauche soutiennent le revenu de base inconditionnel depuis 2007 et 2011, et ont déjà publié des propositions concrètes. Les Verts sont d’ailleurs en train de mettre à jour leur modèle.

« J’espère que ma proposition ne sera pas bottée en touche », a déclaré son initiateur, « la situation en Finlande est si grave que nous devons avoir le courage d’essayer de chercher de nouvelles solutions. »

Après une initiative citoyenne nationale infructueuse l’année dernière, cette proposition semble en tout cas avoir réussi à relancer le débat en Finlande.