Trois députés du parti pirate islandais viennent de proposer une résolution parlementaire demandant au ministère des affaires sociales de lancer un groupe de travail sur le revenu de base inconditionnel.

Le revenu de base fait son entrée dans les parlements nordiques ! Après la Finlande en septembre, c’est au tour de l’Alþingi, le parlement islandais, de se pencher sur l’idée du revenu de base, grâce à une initiative de Halldóra Mogensen, Jón Þór Ólafsson et Birgitta Jónsódttir, trois députés du parti pirate islandais.

Les pirates de l’île viennent ainsi de déposer une résolution parlementaire qui demande au ministère des affaires sociales et du logement d’examiner l’idée du revenu de base inconditionnel, avec l’appui du ministère des finances et des organisations de la société civile.

L’auteure de cette proposition, Halldóra Mogensen, n’est en réalité que suppléante du député pirate Helgi Hrafn Gunnarsson. Elle nous a indiqué avoir profité d’un remplacement de deux semaines pour pousser le sujet du revenu de base.

Concrètement, le texte déposé au parlement propose la constitution d’un groupe de travail qui aurait pour mission « d’identifier les moyens d’assurer à tous les citoyens du pays un soutien inconditionnel au revenu, avec pour but de soutenir les droits sociaux et économiques du peuple et d’éradiquer la pauvreté. »

Le texte développe un argumentaire approfondi du revenu de base, en s’appuyant notamment sur les écrits de Thomas Paine, sur des études plus récentes sur l’automatisation de l’activité économique, sur les diverses expérimentations qui ont eu lieu au Canada, en Namibie et aux États-Unis, ainsi que sur la perspective du référendum national en Suisse. Il est par ailleurs précisé que les résultats de ce groupe de travail devraient être publiés au plus tard à l’automne 2015.

 

Comment le texte a-t-il été accueilli ? « Beaucoup de curiosité » résume Halldóra Mogensen. « Certains députés sont très enthousiastes, ils trouvent le sujet intéressant et positif, mais hésitent encore à soutenir la proposition. Aucun député à qui j’ai parlé ne connaissait l’idée auparavant », poursuit-elle.

La jeune députée aura prochainement l’opportunité de soutenir la proposition en assemblée plénière. Puis, celle-ci sera confiée à une commission parlementaire. Selon les résultats des discussions, la résolution fera l’objet d’un vote ou non en assemblée plénière. « Ce n’est que le début d’un long voyage », conclut la députée.

Grâce aux trois sièges dont ce parti dispose au parlement islandais (qui en compte 63), obtenus lors des élections générales en avril 2013, l’Islande est le premier pays à compter des pirates au sein de son parlement national. L’une des trois élus, Birgitta Jónsódttir, est notamment connue pour son implication avec Wikileaks. L’idée du revenu de base est défendue par la plupart des partis pirates à travers le monde, notamment en Allemagne, en France et en Espagne.

« La possibilité d’un changement phénoménal est évidente, mais pour assurer à la communauté l’aboutissement à un monde meilleur, il est important d’être ouvert à de nouvelles idées et d’examiner toutes les options » conclut le texte.


Crédit photo CC Börkur Sigurbjörnsson