À la demande de l’Institut Montparnasse, laboratoire d’idées fondé par la MGEN, et du think-tank Terra Nova, le CREDOC (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des Conditions de vie) vient de publier une enquête sur l’évolution du regard porté par les Français sur leur système de protection sociale.

On y apprend que face à un contexte social, économique, écologique et politique traversant indéniablement une crise majeure et une protection sociale confrontée à de nombreux défis et mutations — financement, vieillissement, chômage de masse, recomposition des familles, changements sur le marché du travail fragilisant la protection des personnes au statut précaire, etc. — 82% des français estiment, aujourd’hui, que la société française a besoin de changer en profondeur.

Le rapport du CREDOC met en lumière, notamment qu’une majorité de français (55%) sont conscients que le système doit changer, mais ils considèrent que cela doit se faire dans une dynamique progressive et sans tout bousculer. Ces vingts dernières années ont témoigné d’un basculement de la préoccupation majeure des français en matière de protection sociale, passant d’une très large majorité en 1995 pour le traitement de la pauvreté et de l’exclusion (63%), à une large majorité en 2014 préoccupée par le financement des retraites (47%) — avec un basculement critique d’opinions à partir de 2008.

49% des français considèrent que le RSA n’incite pas à chercher du travail

Dans ce climat de méfiance, de plus en plus de français questionnent le principe d’universalité avec notamment, une proportion ayant doublé en dix ans, de citoyens considérant que les allocations chômage doivent être exclusivement destinées aux personnes ayant cotisé, avec 25% en 2004 contre 50% en 2014. En parallèle, le nombre de français considérant le RSA comme incitatif à ne pas chercher de travail et à s’en contenter est en augmentation en passant de 36% en 2009 à 49% en 2015.

Autant de pistes de réflexions sur l’évolution du rapport des français vis à vis du système de protection sociale pour mieux comprendre les appréhensions et opinions actuelles de nos concitoyens, quant aux bouleversements majeurs de la société française.
Lire le rapport ici.