Pour Thomas Paine (La Justice Agraire, 1797), c’était déjà l’inégalité d’accès à la terre, la première forme de patrimoine, qui justifiait la taxation de ce patrimoine et sa redistribution à tous sous forme d’un revenu de base.

Les inégalités de patrimoine sont bien plus fortes que les inégalités de revenu. En France, en 2010, les 10% des ménages les plus riches détenaient 48% de l’ensemble du patrimoine des ménages. Au contraire, une moitié de la population ne partage que 7% du patrimoine. Selon l’INSEE, les 30% des ménages les plus modestes possèdent un patrimoine net inférieur à 16.800 €, tandis que les 10% les plus riches ont un patrimoine net supérieur à 501.600 €, soit 30 fois plus.

Par ailleurs, comme le montre Thomas Piketty dans Le Capital au XXIe siècle (2013), les inégalités de patrimoine se creusent mécaniquement avec le temps sans intervention redistributrice. Les patrimoines élevés touchent des dividendes, des profits, des intérêts, des rentes et des loyers de plus en plus élevés, tandis que les autres ne tirent leurs revenus que de leur travail et doivent payer un loyer pour vivre.

La proposition est ici de mettre en place un impôt – proportionnel ou progressif – sur le patrimoine net des ménages, c’est-à-dire une fois déduites les dettes du patrimoine brut. Une telle proposition mettrait fin au creusement mécanique des inégalités de patrimoine. Le patrimoine moyen des ménages est supérieur à 300.000 €, un montant en-dessous duquel se trouvent 90% des ménages. Ainsi, même avec un impôt proportionnel, tous les ménages dont le patrimoine est inférieur à ce montant seront gagnants à cette redistribution.

Alternativement, il est aussi possible d’augmenter fortement les impôts sur les successions, comme le propose Jacques Berthiller.