La réduction de nos émissions de gaz à effet de serre, passera très probablement par la mise en place d’une taxe carbone. Se posera alors la question de l’utilisation des recettes de cette taxe carbone.

Dans le rapport de Michel Rocard sur la constitution d’une taxe carbone (2009), il était proposé que les recettes de la contribution énergie-climat soient redistribuées à tous les ménages sous forme de chèque vert. Si ce chèque vert est distribué à tous de façon inconditionnelle et individualisée, alors ce sera un revenu de base.

On peut même y voir une forme de distribution des recettes qui respecterait un principe de justice environnementale faisant écho au principe de justice agraire développé par Thomas Paine. En effet, tout comme le droit d’utiliser la terre chez Thomas Paine, le droit à polluer ne saurait être distribué inégalement entre les femmes et les hommes s’il n’y a pas de compensation versée. Ainsi une taxe carbone redistribuée sous forme de chèque vert ne serait qu’une manière juste et efficace de taxer ceux qui polluent le plus et de récompenser ceux qui polluent le moins.

Pour les plus gros pollueurs (ou les plus gros consommateurs de produits polluants), la taxe carbone qu’ils paieront (directement ou indirectement) sera supérieure au revenu de base qu’ils recevront. Au contraire, les faibles pollueurs recevront davantage de revenu de base qu’ils auront payé de taxe carbone. Ainsi, cette proposition est équivalente à un transfert des gros pollueurs vers les faibles pollueurs.

Toutefois, tant que la taxe carbone reste à des taux faibles, on ne saurait y voir une source de financement du revenu de base, mais plutôt une éventuelle source complémentaire.

Voir l’article “Justice environnementale et dividende carbone”